Bibliothèque de Drummondville au Canada par Chevalier Morales & DMA architectes

Issu d’un concours d’architecture, le projet de la Bibliothèque de Drummondville transpose en une composition architecturale étudiée une lecture historique, culturelle et poétique de certaines des caractéristiques spécifiques de la municipalité et de sa région.

Dès sa fondation, il y a près de deux cents ans, par une garnison de soldats devenus agriculteurs, la rivière Saint-François s’impose comme un personnage principal du récit historique et culturel de la ville et de la région du Centre-du-Québec.

Traversée quelques années plus tard par le chemin de fer et exploitée par une série de barrages hydroélectriques, la rivière Saint-François permet à la ville de développer ses principales forces motrices économiques : l’industrie de l’acier et la turbine. Après un passage plus difficile, aujourd’hui tournée vers l’avenir grâce à des efforts de développement économique enviables, Drummondville accueille sa bibliothèque comme une synthèse de ces efforts ainsi qu’un centre d’activités névralgique en plein cœur du centre-ville.

Dans le cadre de ce projet, les architectes ont cherché à travailler le site dans sa totalité afin de considérer le bâtiment de la bibliothèque de manière plus large, comme un équipement civique intégré dans un grand parc. L’objectif premier était de profiter de la venue du nouveau projet pour renverser la tendance de plus en plus marquée de ce site d’importance à devenir enclavé et à tourner le dos à la rue Lindsay, artère commerciale historique de la ville. Afin de proposer une réponse adéquate à cette problématique, un dialogue soutenu a été créé entre la bibliothèque et l’autre projet sur ce site, celui de la patinoire extérieure.

Le projet se positionne d’abord sur le site par rapport à la ligne électrique, de chaque côté de la servitude. Utilisant l’axe de la ligne électrique elle-même comme un miroir, le bâtiment de la bibliothèque s’implante à l’est de la ligne de la servitude, en lien avec la rue des Forges, alors que la patinoire et son bâtiment annexe se placent du côté ouest. Cette stratégie d’implantation crée ainsi l’impression d’un seul grand projet, lequel permet du même coup de rallier la rue Lindsay par une promenade linéaire longeant un jardin.

Mentionnons en dernier lieu que les architectes ont traité avec précaution l’ensemble de l’éclairage du site notamment par l’insertion d’une petite prairie lumineuse dans le jardin. Un hommage en quelque sorte à l’une des composantes fondamentales de l’histoire de Drummondville : l’électricité.

Dès le départ, les architectes ont jugé qu’il était souhaitable d’entrer dans les lieux librement. On retrouve, au centre, un café dont les tables se dispersent selon certains points de vue attirants ou encore selon le degré d’intimité souhaitée. La salle, placée au centre de la bibliothèque près de l’escalier principal, peut accueillir une centaine de personnes et est dotée d’équipements scénographiques.

Au centre de l’espace, à l’intérieur d’une vaste double hauteur, se déploient les circulations verticales, dont le grand escalier composé de deux escaliers hélicoïdaux éclatés et décentrés permettant d’ouvrir de multiples points de vue sur la bibliothèque, les aires d’exposition ainsi que sur le jardin attenant au salon des actualités. Le grand palier intermédiaire de cet escalier occupe une double fonction. Il permet, d’une part, la mise en valeur des collections ou l’exposition de certains objets et, d’autre part, de faire une pause, voire même de changer de direction, ce qui renforce l’idée de libre circulation. À l’étage, les deux jardins demeurent bien présents et définissent les deux zones principales de ce niveau.

L’enveloppe du bâtiment a été travaillée à plusieurs niveaux en développant, dans un premier temps, un mur extérieur performant du point de vue du développement durable et approprié à une bibliothèque tout en lui assurant une certaine uniformité. Des panneaux de verre translucides recouvrent une enveloppe en acier inoxydable, avec des panneaux de verre céramifiés permettant de contrôler le gain solaire et des panneaux transparents offrent des vues ciblées sur le site et permettent d’éclairer naturellement les espaces de travail, de détente et de lecture.

En savoir plus sur Chevalier Morales & DMA architectes
Photos: Adrien Williams

source: communiqué de presse v2com


Galerie


Laisser un commentaire