Cheval d’Or, bistronomie d’ici et d’Asie par le studio d’architecture Ciguë

C’est rue de la Villette, perché sur les dessus de Belleville, que Taku Sekine et Florent Ciccoli ont proposé à Ciguë d’écrire ensemble une nouvelle vie au Cheval d’Or, un traditionnel restaurant chinois de quartier fondé à la fin des années 80.

L’approche générale est d’aller à l’essentiel. Installer une cuisine ouverte ultra fonctionnelle, cadrée telle une scène à contempler, tenue par un comptoir-auditoire qui l’étreint et l’observe. Ramener clarté et lumière naturelle pour de futures aventures diurnes et nocturnes. Et enfin, préserver certains éléments constitutifs de l’espace, ancrant le restaurant dans son histoire régénérée.

On conserve donc une partie de l’existant, ce qui fonctionne encore et ce qui participe à l’histoire du lieu : la façade, son enseigne et son porte bonheur en caractères chinois au coin de la porte d’entrée, ces pièces de vingt centimes incluses dans le macadam, un frigidaire en bois, bien-sûr allégé de quelques couches d’huile de friture, ainsi que quelques éléments décoratifs certainement kitchs mais trop charmants pour partir à la casse. Les murs sont délestés de leurs multiples doublages, bas relief de la Grande Muraille compris, pour être simplement recouverts d’un voile blanc unifiant leurs textures hétéroclites. Enfin, le délestage général permet de mettre à nu des fenêtres précédemment condamnées dans la salle arrière, sorte d’appentis entre deux cours, apportant une lumière naturelle douce et traversante.

La cuisine elle non plus ne ment pas. Elle est avant tout un outil de travail, trépidante et vaporeuse, une vraie machine à envoyer des plats. Tôle inox et carrelage dominent, d’un coup contrebalancés par le comptoir en bois massif clair, d’essence locale, le sycomore, pour une généreuse expérience tactile et spatiale. Ses hauteurs donnent d’abord confort et cachettes côté fourneaux, puis permettent discussions intimes ou regards curieux vers les préparations côté comptoir.

À l’image de ce qu’il se fait en cuisine, on travaille des matières premières sur-mesure. Les choses sont montrées pour ce qu’elles sont, sans artifices. Parquet en chêne, murs en briques et plâtre, comptoir, tables et banquettes en sycomore massif. Puis les lampes en fonte d’aluminium fabriquées dans notre atelier à Montreuil ponctuent le lieu de leurs tâches de lumières.

Le tout chapeauté par une brigade internationale composée d’un cuisinier japonais, d’architectes français, d’un chef d’orchestre chilien, d’ouvriers bulgares, d’un frigoriste camerounais et d’un plombier british, qui ont laissé place à une équipe de chefs encore plus exotique dont on admire le ballet depuis le comptoir.

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Photos: Marion Berrin & Ciguë (dernière photo)


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