Crèche Les deux Oies à Noisy-le-Roi par Wild Rabbits Architecture

Noisy-le-Roi se dote d’un nouvel équipement pour la petite enfance qui regroupe les quatre structures préexistantes sur la commune. Quatre-vingts enfants, six sections, deux cent cinquante pages de programme !

Quel statut pour un équipement entouré de pavillons ?

Toiture camouflage, volume de hangar agricole, façades sur cours de pavillons, le projet apparait comme hybride. Chaque facette est perçue séparément pour répondre à des besoins différents : contribuer au paysage végétal, signaler l’équipement, qualifier un extérieur rassurant. En descendant depuis la mairie, une vaste toiture végétalisée transparaît entre les pavillons. Elle semble s’adresser à la plaine agricole, de l’autre coté de la nationale, personne ne lui prête attention et pour les riverains, un pré au lieu d’un immeuble, ça n’est pas plus mal. Les usagers, eux, arrivent en contrebas par le chemin de l’abreuvoir. Avec ses faux airs de villa 20ème siècle, elle se fait assez discrète et c’est l’aménagement du parvis conçu par Chorème qui permet de l’identifier sans hésiter.

Le plan se compose d’abord en une juxtaposition de longs volumes qui dépassent un peu de la vaste toiture. Les salles d’éveil occupent l’interstice et se prolongent sur l’extérieur en courettes. Résulte de ce dispositif une façade en redans avec des pleins juste assez vitrés pour que les dortoirs puissent se faire ateliers et des vides largement ouverts qui laissent le regard filer sous la prairie, d’un bout à l’autre de la construction.

L’axe central traverse successivement des pleins et des interstices pour distribuer les sections de part et d’autre. La traversée se fait un peu tunnel à travers les pleins puis elle gagne en ampleur face aux salles d’éveil dans les interstices. Le contraste est si fort que les architectes se sont convaincus qu’ils pourraient faire croire à des nouveau-nés que ces espaces sont de véritables patios. On y retrouve les pergolas utilisées en extérieur, une efficace lumière zénithale et également des mandariniers en pleine terre, de quoi déboussoler cet innocent public…

Les longs « volumes pleins » entre les salles d’éveil sont traversés par la circulation publique au centre mais également par un second circuit reliant les sections entre elles. Cette fois-ci ce n’est pas dans l’interstice que la circulation fait lieu mais dans le plein. Plus question de patio ici mais plutôt de cavernes, de tanières. Chaque unité de vie est ainsi dotée de sous-espaces plus calmes sur lesquels s’ouvrent, en gigogne, des sous sous-espaces paisibles : les dortoirs, côté extérieur et les salles de change côté circulations où l’on se retrouve à l’écart pour le change tout en gardant un oeil alentour.

L’angle sur lequel le site impose d’accéder est évidé. Les parents passent sous l’auvent qui annonce le thème si utile de la pergola, ils contournent les bureaux pour entrer directement, au centre de l’équipement, dans l’interstice entre la partie dédiée aux enfants et celle consacrée aux communs.

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Photos : © Nicolas Grosmond


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