Le refuge et son rocher, résidence secondaire au Québec par ESPACE VITAL architecture

Caractérisé par un vaste porte-à-faux, des interpénétrations intérieur/extérieur et l’habile utilisation d’un sol à deux niveaux, le projet est en quelque sorte une relecture des œuvres iconiques de Richard Neutra, l’architecte moderniste du rêve californien.

Dès la première visite, les architectes ont constaté que le client s’était déjà approprié le rocher. Un bivouac avait été établi à son pied et une terrasse flottante haut perchée en faisait un poste d’observation privilégié. Cette plateforme légère qui surplombait la forêt allait dicter l’approche conceptuelle du projet : déposer délicatement une terrasse couverte sur le rocher et prolonger l’effet aérien au moyen d’une passerelle vitrée habitable. L’idée d’établir une symbiose entre la maison et le relief accidenté du sol, de même que l’audace du design, a enthousiasmé le couple, amateur passionné de nature, mais aussi d’art contemporain.

Dans un grand geste horizontal, la structure s’élance au-dessus du vide, depuis le rocher jusqu’à l’extrémité nord occupée par la chambre parentale. Au passage, elle prend appui sur les deux pans de béton qui consolident le bâtiment principal, érigé en contrebas. À l’image du système d’ancrage visible sous le plancher de la terrasse, ces piliers massifs qui expriment la stabilité, réelle et perçue, répondent à la demande pour « un habitat rassurant, un refuge. »

Le défi consistait à représenter la légèreté par quelque chose composé de matériaux lourds. La réponse a pris la forme de modules greffés aux façades. Traités en éléments distincts, peints noirs pour mieux se découper sur le béton naturel et projetés vers l’extérieur, ils apportent du souffle au plan général relativement simple. Leurs volumes différents coïncident avec des fonctions — entrée, solarium, cage d’escalier — mises en transparence par le verre. Le rapport vide/plein s’effectue dans une harmonie réciproque. Animer les façades tout en exprimant une fonction, c’est aussi le rôle du parement à l’angle des murs sud-est. Constitué de plaques d’acier auto-patiné Corten et légèrement en saillie, il enveloppe l’espace de rangement dans l’aire commune.

Comme le campement d’origine, la planification va à l’essentiel des besoins. Entrée principale face à l’escalier, atelier avec porte de garage surdimensionnée, bureau et commodités se partagent le niveau inférieur. À l’étage, salle commune aménagée dans le passage aérien, espace privé en partie nord. Un bloc central, qui renferme salle d’eau, garde-manger et rangements, assure la transition entre les deux zones.

Volontairement dépouillé, l’aménagement laisse la part belle au paysage, qui s’immisce de toutes parts dans les volumes internes. Les occupants ont non seulement l’impression de vivre dehors; ils peuvent jouir d’un décor où les images, formes, couleurs et motifs se renouvellent sans cesse, au rythme de la saison et du climat, de la luminosité, de l’heure du jour ou de la nuit.

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Photos: Stéphane Lemire

source: communiqué de presse v2com


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