Rénovation de deux ateliers-logements à la Cité internationale des arts à Paris par l’Agence LALM & Guillaume Delvigne

Ce projet de rénovation des ateliers-logements du Ministère de la Culture à la Cité internationale des arts participe à une démarche de valorisation du design français à l’international.

Il s’agit de répondre à l’usure du temps, d’améliorer le confort, la fonctionnalité et la qualité de ces ateliers-logements, notamment en termes de développement durable. L’aménagement et la rénovation de ces ateliers-logements inclut également la création d’accessoires et de mobilier spécifiques.

Les ateliers-logements sont à la fois des lieux de vie et des lieux de travail. Ils sont attribués sur la base d’un projet artistique, à des artistes professionnels étrangers aux pratiques disciplinaires multiples (plasticien, danseur, compositeur, instrumentiste, photographe, vidéaste, sculpteur, écrivain…). Un logement peut être attribué indifféremment à tout type de discipline artistique, une modularité des espaces et de l’ameublement est ainsi à prévoir.

Si l’espace de travail est à préserver au regard de l’espace de vie, les questions d’intimité, de santé et de qualité de la vie quotidienne sont à considérer. La question de la convivialité entre artistes résidents (visites, partage de repas) réclame une attention particulière dans les aménagements proposés. Les ateliers peuvent également devenir temporairement espaces d’expositions des travaux artistiques engagés pendant la résidence. Un certain niveau de lumière doit être garanti pour le travail des plasticiens, en plus des lumières naturelles. La durée d’occupation des ateliers-logements varie de 3 à 6 mois.

Le concept : une chambre d’hôtel et une galerie dans un lieu unique, l’atelier.

Les concepteurs ont commencé par échanger avec des artistes ayant vécu dans ces ateliers et aussi avec des futurs résidents de la Cité. La séparation entre l’atelier et la chambre a semblé être un désir réel, pour beaucoup de raisons : odeurs, intimité, désir de se mettre au travail, confort, rangement, etc.

Le mobilier léger et modulable a semblé également être une bonne solution afin de pouvoir vider le plus possible l’atelier. La hauteur sous plafond de l’atelier de sculpture était vue comme un atout, mais pas toujours réellement exploitable. L’espace de travail était voulu plutôt neutre et blanc. Les espaces privatifs ont souvent été souhaités comme proches de l’hôtel pour manifester l’idée d’un certain confort. La cuisine était aussi un lieu où il y avait beaucoup d’attentes. Elle était désirée comme plus équipée, plus pratique, et avec plus de rangements.

Pour le studio, le choix a été de concentrer toutes les fonctions de l’appartement (cuisine, chambre, salle de bain, toilettes, rangements…) dans une « boîte » afin de laisser le reste de l’espace le plus simple et libre possible pour travailler. Avec ses matériaux chaleureux, ce volume symbolise la partie intime du logement. À la manière d’une cabine de bateau tous les espaces y sont optimisés, on retrouve néanmoins tout le confort nécessaire à un séjour agréable. Le reste de l’appartement est un grand espace neutre, aux grands murs blancs, doté d’une vue et d’un éclairage naturel exceptionnel.

Pour le duplex l’élément clé était sa hauteur sous plafond. Un escalier-belvédère a été imaginé, faisant le lien entre l’espace atelier et l’espace privatif situé à l’étage. Ce nouveau volume apporte une nouvelle surface exploitable, avec un nouveau point de vue sur l’atelier. Il apporte aussi un espace de rangement fermé à la hauteur d’un tel atelier, accueillant des artistes pouvant travailler sur de grands formats. Jouant sur un principe de boîtes posées sur la mezzanine, une vraie chambre a pu être créée pouvant accueillir deux personnes, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Comme dans le studio on retrouve l’usage important de verrières, afin d’apporter des vues et de la lumière.

L’aménagement devait comprendre au minimum :
– Chambre avec 2 lits simples et rangements
– Cuisine avec plaques de cuisson, four, réfrigérateur et rangements
– Salle d’eau avec douche, lavabos, WC et rangements
– Atelier de travail avec espace bureautique, un grand panneau mural d’accrochage
– 1 table, 2 chaises et 2 chauffeuses
– Préservation au maximum des murs pour surface de travail
– Plan d’éclairage de l’ensemble, direct ou indirect.
– Cagibis et rangements modulables
– Penderie
– Rideaux

Le plus gros défi pour l’Agence d’architecture LALM et Guillaume Delvigne a sans doute été l’escalier du duplex. Le choix de déposer l’existant et de repartir de zéro sur un concept complètement différent n’a pas été simple à défendre mais cela en valait la peine car c’est ce qui crée un grosse partie de la plus-value.
Ils ont conçu et fait réaliser sur mesure la plus grosse partie du mobilier. C’était une demande du commanditaire qui souhaitait une réponse quasi totale de leur part. Dans un tel contexte, proposer des murs blancs étaient une évidence, pour laisser la place à l’artiste. Par contre ils ont opté pour certains grands volumes en placage bois afin d’apporter un sentiment de « chez soi ». C’est cette dualité et comment y répondre qui ont guidé une grosse partie de leur travail.

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Photos: © Germain Suignard

Le photographe Cédric ROULLIAT aura été le premier artiste à investir les ateliers. Il a réalisé une série de photos directement inspirée par les lieux.


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