Studio Plage – Les Aventures des mers de l’Ouest par Fichtre, Barreau Charbonnet et Formes Vives

Un an après avoir gagné le concours avec une proposition originale de Vrai-faux plateau de tournage, les équipes des studios de Fichtre, Barreau Charbonnet et Formes Vives ont enfin lancé un événement face à la mer sur la place Gaston Pateau dans le village de Sion sur l’Océan en Juin dernier, marquant le début de l’usage d’un décor urbaniste et une attraction éphémère festive.

C’est après 8 mois d’études avec ECSB, un chantier construction de prés de 3 semaines et un chantier décor-peinture d’une semaine que la place où reposait le quelque peu fantomatique casino va enfin reprendre vie. Le challenge était important : faire de ce lieu désuet un espace temps qui offrirait aux habitants et visiteurs quelques mois durant, du divertissement, des événements urbains et usages d’espace public notamment par le biais d’un terrain de jeux, de rassemblements, de marches, de repos et d’actions citoyennes.

Wilfrid Lelou de Fichtre explique : « L’idée c’était de mettre en scène une place, un espace public, autour d’une bâtisse désoeuvrée, Nous avons voulu jouer des codes et de l’attraction que pourrait provoquer le tournage d’un film et pour cela nous nous sommes inspirés des fabuleux décor de Jacques Tati et de films d’été de bord de mer… Un environnement décalé, nostalgique et si populaire ! »

Pour cela, les studios Nantais ont dessiné une enceinte / palissade, un ensemble de strates de châssis-décor, de plateaux, de chemin d’arrière plans, de structures au sein desquels les habitants et visiteurs seront invités à les investir au delà de simples équipements public: les contourner, les traverser, considérer les cadrages, les points de vues, des points de départs. Les décors ont été construits et peints à main levée sur le site et en public sur des structures de bois, et des panneaux de contre-plaqué. La vivacité des formes et les couleurs utilisées dans les différents dessins et croquis transmettent un savant mélange de réalisme littéral et d’abstraction géométrique afin de proposer un envers visible, lisible.

Jules Charbonnet de Barreau Charbonnet explique : « On s’est imaginé cadreur, metteur en scène en proposant à la population de cette station balnéaire, une aventure cinématographique décalée. On veut que ce dispositif spatial amène les visiteurs a être acteurs et réalisateurs de leurs propres films. Le travelling peut signifier le passage en vélo, en balade. Les cadrages successifs sont les séquences d’une traversée du quartier. Le zoom est l’outil de l’urbaniste à l’atelier (3d, plan). Le décor est la façade, l’enseigne, l’affiche. La scène est le kiosque à musique. »

«Studio Plage présente: Les Aventures des mers de l’Ouest », sorte de plateau de tournage de film d’anticipation inspiré de sagas d’exploration aquatique, d’univers marin de bande-dessinée et de sagas aventurières, se dressera tout l’été sur le passage de promenade entre Saint Jean de Mont et Saint Gilles Croix de vie. Les installations prendront chaque fois, par simples «décrets d’usage» des formes aux usages décuplés, que l’imaginaire peut créer et elles pourront devenir : abris, table à manger ou de ping-pong, banc public, lieu de rencontre, théâtre de fêtes votives ou de contemplation, jeux, estrade, scène, sculpture, rampe, tapis de yoga.

Fichtre, Barreau et Charbonnet et Formes Vives partagent une même pratique artistique et de construction. Leurs projets sont marqués par des temps de rencontre et d’action in situ. Les chantiers ou workshops deviennent des événements sur place. Les repas, les réunions publiques, les implantations sont en soit une curiosité comme un tournage au cinéma. Le chantier est une occasion de médiation où les récits sont parties essentielles des projets. Chacune des étapes de médiation fera l’objet d’affichage et de publication simple et documentée présentée sur le blog : http://studioplage.tumblr.com/

Geoffroy Pithon de Formes Vives ajoute : « Le désordre et l’humour sont des énergies vitales pour chacune de nos équipes. Cette approche comporte un travail de lecture visuelles et sonores du site qui, plutôt que de le représenter de manière cartographique va à sa rencontre. La dérive urbaine, l’exploration, était pour le mouvement Situationniste un moyen de penser l’urbanisme « à partir de l’expérience de ce terrain et à partir des constructions existantes. » C’est cette attention au réel que nous visons avec notre dispositif cinématographique. »

Ce dispositif éphémère estival tend à de futurs projets : cette mise en scène de rencontres où se confrontent différents codes culturels (cinématographiques, plastiques, architecturaux), s’inscrit dans un projet d’urbanisme « in progress ».

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Photos: © Germain Herriau


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