Une maison de ville unifamiliale à Paris par Alia Bengana + Capucine de Cointet architectes

Un petit immeuble enclavé en fond de cour dans le 10ème arrondissement de Paris abritait sur deux niveaux de petits appartements sombres et insalubres.

« Vu la présence de mérule (champignons ayant attaqué toute la structure bois du bâtiment) notamment, nous avons entièrement dû récréer le bâtiment, ne conservant que l’enveloppe extérieure qui a, elle aussi, été remodelée » , soulignent les architectes Alia Bengana et Capucine de Cointet. Dans le cahier des charges des propriétaires, il s’agissait de rendre les lieux agréables pour y vivre en famille tout en gérant le chantier et les lieux de la manière la plus écologique possible.

Le chantier a duré 8 mois pour un montant global de 400 000 euros incluant tous les travaux intérieurs et extérieurs. Le petit immeuble est devenu une confortable maison familiale étalant ses 120 m² sur 4 niveaux. Car au rez-de-chaussée et aux deux étages il faut ajouter 38 m² de sous-sols voûtés accueillant la buanderie et un espace multi-activités: salle de jeu ou de projection télé.

« L’essentiel du travail a porté sur la manière de faire entrer un maximum de lumière dans la maison tout en préservant l’intimité des occupants, expliquent les architectes. Nous sommes dans une copropriété parisienne typique, une petite cour où les voisins ne sont jamais bien loin. » Certains niveaux ont ainsi été ouverts avec des planchers en mi-hauteur afin de capter au maximum la lumière du sud. Quant au grand escalier, situé à l’opposé de la façade, il est surmonté d’une verrière, l’éclairant ainsi sur toute sa hauteur et amenant de la lumière au rez-de-chaussée. Et puisque les espaces sont restreints avec une seule exposition (hors verrières zénithales), les architectes ont aussi eu recours à des verrières intérieures, comme dans la chambre parentale. « Cela diffuse la lumière tout en permettant aux parents de surveiller la maison d’un coup d’œil » , précisent les architectes.

Côté matériaux, la part belle a été faite aux produits bruts, simples. Du mélèze pour les fenêtres, du chêne massif pour l’escalier, sans oublier la pierre meulière du mur, entièrement mise à nue, et du métal brut pour les garde-corps et les verrières pour jouer sur sa finesse et son aspect graphique. « Nous avons conservé le mur en l’état très disparate avec ses divers ajouts et ses multiples matériaux, c’est un témoin de l’histoire de ce bâtiment » , précisent les architectes. Dans les pièces d’eau et la cuisine, on retrouve le même carrelage hexagonal, mais chaque pièce a son harmonie de couleurs. Même chose pour les garde-corps et les protections extérieures en métal où des lignes obliques viennent adoucir les repères horizontaux et verticaux.

Pour ce qui est des performances écologiques des lieux, l’immeuble a été isolé par l’extérieur préservant ainsi la surface habitable. Et le fait de recréer des planchers a permis d’installer facilement des conduits pour une ventilation double flux. Enfin des jardinières ont été enterrées afin de recevoir assez de terre pour faire pousser des plantes qui végétaliseront la façade le long de câbles tendus jusqu’au sommet de l’immeuble.

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Photos: David Cousin Marcy


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