ART >>> Adieu, parfois il neige en juillet – Dash Snow

Le Wall Street Journal et le New York Magazine l’avaient récemment encensé, les plus grands collectionneurs commençaient à s’arracher ses œuvres et les portes de la Whitney Biennale lui avaient été ouvertes en 2006. Si sa mort ressemble à celle d’une rock star, il faut dire que Dash Snow en avait l’allure et les travers.

Ses Polaroids, « uniques souvenirs de ses nuits », dépeignaient sans tabou l’univers du sexe, de la drogue et de la violence, son quotidien en somme. Ses graffiti, ses sculptures ou encore ses récents collages, réalisés à partir de coupures de journaux et montrant des officiers de police ou des figures d’autorités aspergés de son propre sperme, avaient renforcé sa réputation de jeune premier sulfureux.

L’œuvre trash de Snow, baignée toute entière dans la lumière crue d’un néon faiblard, était à l’image de sa vie. A l’âge de 15 ans, après deux années passées en centre de détention juvénile, il avait choisi de vivre dans la rue plutôt qu’auprès de sa famille, l’une des plus éminentes dynasties de collectionneurs du monde, les De Menil.

Cet « enfant de Warhol », comme le qualifia en 2007 un article du New-York Magazine, n’était inspiré que lorsqu’il était entouré de ses amis artistes, partenaires de ses nuits de débauche à Manhattan : Ryan McGinley, Dan Colen, Tenrence Koh, Carol Bove et Agathe Snow, son ex-femme avec qui il se maria dès l’âge de 18 ans.

Mais depuis le mois de mars, Snow avait décidé de devenir un homme sain, notamment pour s’occuper de sa fillette de deux ans qu’il avait étrangement prénommée « Secret Aliester Ramirez Messenger Santa Creeper ». Considéré comme l’un des dix artistes américains les plus prometteurs, Dash Snow fait d’ores et déjà partie du panthéon des artistes légendaires disparus trop jeunes, aux côtés de Bas Jan Ader (disparu en mer) et Jean-Michel Basquiat, lui aussi mort d’une overdose à 27 ans.


fuck the police, 2005

polaroid, 2006


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