Créations Sphériques par Dario Santacroce

Dario Santacroce est sculpteur. Il explore le temps comme une métaphore, une idée, une théorie et une expérience en utilisant des formes simples et la pierre. À 16 ans, il commence à travailler comme apprenti auprès de Carlo Ambrosoli, l’un des professeurs de l’Ecole des Beaux-arts de Rome.

Là, il découvre que des nuances de gris flottantes estompent les frontières entre le manifeste et l’inexpliqué. Il continue son apprentissage avec Manuel Neri, Robert Gove et Lode Tibos et apprend les techniques de sculpture sur marbre dont il a besoin pour donner vie à ses œuvres, qu’elles soient petites et intimes ou monumentales et imposantes. Dario Santacroce possède désormais son propre univers sculptural, un monde riche en symboles et archétypes où la pierre tient le rôle de métaphore principale de la perception temporelle.

Les formes parfaites n’existent pas à l’état naturel, disait Platon, le philosophe grec. Ces idées abstraites, primitives et immuables résident au- delà du paradis. Les objets que nous percevons sont de simples ombres qui imitent ces formes pures. Le travail de Dario Santacroce pourrait remettre en cause la théorie de Platon. Avec sa dernière série de sculptures « Créations Sphériques », l’artiste a relevé le défi qu’il s’est lui-même lancé : créer la forme physique la plus parfaite possible à l’aide des connaissances, des outils et de la technologie dont disposent les êtres humains en ce début de XXIe siècle.

La série s’intitule Créations sphériques. Les formes courbes des sculptures s’appuient sur les trois cercles entrelacés dont est fait le Triangle de Reuleaux.

Telle une baguette magique, le logiciel de dessin 3D, qu’utilisent couramment les ingénieurs, métamorphose les lignes plates à deux dimensions pour un rendu sensuel en 3D. L’artiste peut ensuite explorer cet espace virtuel, en jouant avec la géométrie, et faire en sorte que les trois sphères originales s’effacent pour laisser place aux formes qui sont à l’intérieur. Le résultat est une série de quinze sculptures parfois surprenantes, mais toujours magnifiques.

Toutefois, à ce stade, elles ne sont encore que de l’ordre du virtuel. Vient à présent la tâche difficile de transformer le dessin numérique en objets tangibles. En cherchant une solution au problème, Dario Santacroce a découvert une méthode d’impression en 3D qu’on utilise principalement dans la fabrication de pièces en métal pour faire des moules et des noyaux. Les imprimantes 3D utilisent du sable et une sorte de colle spéciale, appliqués en couches de moins d’un millimètre d’épaisseur, pour produire des moules dans lesquels on verse du métal liquide. Quand le métal refroidit et durcit, on décolle le sable pour dévoiler la partie finie.

Quand un objet surgit de l’imprimante, il est constitué à 59% de sable, à 1% de liant et à 40% d’air. Mais les sculptures de Dario sont encore trop fragiles à ce stade. Il suffirait qu’elles tombent par terre pour se briser. C’est là qu’intervient l’artiste : il brosse un mélange pour que la sculpture devienne solide. Aussi liquide que l’eau, ce mélange filtre à travers le sable, puis se cristallise, en remplissant l’espace vide et en donnant vie à un objet qui, selon Dario, est aussi solide que la pierre. Dario commence par se concentrer sur les bords, l’artiste se met à travailler pour atteindre la forme parfaite. Et voilà que les objets imprimés sont devenus quinze sculptures, quinze Créations sphériques, en quête de la forme intemporelle d’une sphère parfaite.

Pour en savoir plus sur Dario Santacroce, cliquez ici.

SPHERICAL CREATIONS by Dario Santacroce from WE ARE HUNGRY on Vimeo.


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Commentaires

1
| 22 mars 2016
  1. Par artfordplus |

    Les questions que posent Dario Santacroce sont très pertinences. Beaucoup d’artistes aujourd’hui font faire leurs œuvres par des sociétés ou machines. Au final le créateur est uniquement à la conception. La maîtrise de la technique n’est plus une nécessité. Donc pour être artiste faut-il juste avoir de bonnes idées?