Mitoyen, sculpture interactive et sensorielle par Shani Ha pour Jeune Création 69e

Pour la 69e édition de Jeune Création, Shani Ha présente une sculpture interactive et sensorielle prolongeant son travail autour des questions d’altérité, d’identité et d’empathie.

Dans l’essai « Quand Les Murs Tombent », Glissant et Chamoiseau élaborent la notion d’ « Identité mur » et indiquent que « C’est l’inaptitude à vivre le contact et l’échange qui crée le mur identitaire et dénature l’identité. L’ultime refus du contact et de l’échange viendrait du miroir que l’on brise pour ne plus se voir soi-même.».

Mitoyen est un dispositif sculptural et sonore qui s’attache à provoquer des situations et relations entre le spectateur, l’œuvre et l’autre. Shani Ha imagine un mur contournable, dont la surface est recouverte d’un miroir mou. Le miroir renvoie une image floue et presque abstraite de la figure qu’il reflète. En s’approchant, la silhouette se précise, s’individualise et ne devient parfaitement nette qu’au contact de la surface, empêchant ainsi le spectateur de contempler sa propre image.

La pièce sonore devient alors perceptible, on entend des battements de cœurs lorsqu’on s’appuie sur la surface de la sculpture. Chaque battement de cœur est enregistré et assemblé en collaboration avec l’artiste sonore Hz.

Plusieurs études en neurosciences montrent que les battements de cœurs peuvent se synchroniser dans certains contextes. Ces découvertes alimentent les recherches sur les modes de relations et font échos à la découverte des neurones miroirs qui seraient à l’origine de nos facultés d’empathie et de socialisation. La synchronisation des fréquences cardiaques apparaît comme une manifestation de l’empathie. Mitoyen tente de provoquer cette réaction empathique entre le spectateur et des inconnus choisis par l’artiste afin de faire éprouver l’altérité autrement, sensiblement, empiriquement ; par le biais d’un marqueur à la fois universel, singulier et anonyme de l’existence.

D’ordinaire, le mur indique une limite, une épaisse matérialisation du passage à ce qui est autre. Il révèle la volonté de marquer l’altérité et de s’en distinguer. Or le mur lie en même temps qu’il sépare, et admet nécessairement la coexistence.

Mitoyen tente de prolonger l’image de soi dans l’expérience de l’altérité afin de penser l’être et l’être ensemble. L’exposition aura lieu à la Fondation Fiminco jusqu’au 2 Février (Nocture jusqu’à 22h le 1er) – 43 rue de la commune de Paris, Romainvillle

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