Série Smantilla par Hortense Le Calvez & Mathieu Goussin

Le duo d’artistes Mathieu Goussin et Hortense Le Calvez, nous a contactés pour nous présenter ses récents travaux et plus particulièrement sa série Smantilla, mêlant photographie et sculptures sous-marines.

Mathieu Goussin est né en 1985, il a étudié à l’Ecole Nationale de la Marine Marchande de Marseille et a travaillé de nombreuses années dans ce domaine avant de se tourner vers une pratique artistique. Hortense Le Calvez est née en 1988, elle a étudié à la Rietveld Academy d’Amsterdam et au Wimbledon College of Art of London où elle a obtenu son diplôme de sculpture. Elle est également instructrice de plongée sous-marine. Le duo vit et travaille à présent entre la France et la mer Égée sur son voilier, un Kirk Amel de 1973, qui se nomme Forlane 6.

Ce que disent Mathieu et Hortense sur la série Smantilla, réalisée dans le cadre de la Résidence Fotograficasa, avec le soutien de la Mairie de Rogliano-Macinaggio et Le Conseil Départemental de la Haute-Corse:

« Grâce à la bienveillance des habitants, nous avons eu le sentiment pendant notre résidence de participer à l’imaginaire du Cap. Chaque soir l’oracle d’un site de prévision côtière nous indiquait le sens du vent et la hauteur de la houle. Le lieu le plus protégé devenait notre destination du lendemain pour explorer les fonds. C’est ainsi que nous avons découvert, le long de la D80, l’invraisemblable pluralité des villages du Cap, chaque virage se transformait en une sorte de trou de ver, qui nous projetait face à des paysages aussi variés que le port de Centuri, la marine de Scalo ou la plage d’Albo. Voyager dans le cap est une expérience hallucinatoire, très certainement équivalente aux promesses de la téléportation. Il semble que nos images se sont esquissées, lors de cette parenthèse envoûtante en Corse, en réponse à ce besoin d’émerveillement.

Smantilla, en Corse, signifie démanteler. En amont de notre participation à la résidence d’artiste Fotograficasa dans le Cap Corse, territoire si bien nommé, l’île dans l’île, nous avons orienté nos recherches vers la singularité de la mer qui entoure ce morceau de terre. Quelles sont les particularités de ce paysage sous marin? Comment réinterpréter, aujourd’hui, le patrimoine culturel qui émerge de cette eau? Notre attention s’est portée sur les tours génoises de guet le long du littoral destinées à protéger les villages des pirates. La tour Santa Maria s’est imposée dans nos errances en ligne et nous avons perçu ces pierres, de presque 500 ans, pixélisées. L’objectif fut de construire des sculptures représentant des ruines fictives refusant de s’effondrer. Comme des pixels, ces découpes cubiques en bois, sous la mer, ne connaissent pas la gravité. Poussées vers la surface, elles s’étirent et constituent des suspensions inversées. Submergées uniquement pour la prise de vue, ces installations cherchent à conjuguer les légendes des cités englouties avec l’imaginaire digital, cela provoquant un doute quand à la matérialité de ces formes. La photographie peut-elle encore témoigner de l’authenticité de l’objet? Comment sommes nous incités à constamment questionner l’origine des images? »

Pour en savoir plus sur Mathieu Goussin et Hortense Le Calvez, cliquez ici.
Photo & Artwork: © Mathieu Goussin et Hortense Le Calvez

source: formulaire de contact


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Commentaires

1
| 22 février 2016
  1. Par artfordplus |

    Dès le début nous sommes dans le voyage avec un duo d’artistes qui vie sur un voilier. Je trouve la démarche qui à menée à Smantillia intéressante à suivre et on comprend assez bien les différentes étapes. Mais certaines parties ont échappées à ma compréhension. Quand ils parlent de pierres pixelisées font -ils référence à la surface ou à la forme qui rappelle cet élément ? Les sculptures sont -elles déconstruites après la prise photographique?