DESIGN >>> Feu! – Focus

Avec leurs foyers pivotants en acier et leurs formes résolument design, les cheminées Focus bousculent les règles techniques et les codes esthétiques en vigueur dans le milieu du chauffage. Grâce à la sculpture, Dominique Imbert, leur créateur, est parvenu à les élever au rang d’œuvres d’art.


« Tout est parti de ma passion pour le fer ». Pour raconter l’aventure Focus, Dominique Imbert commence toujours par évoquer ce matériau. Le créateur se souvient l’avoir découvert à l’adolescence chez un forgeron de son village. Une activité manuelle qui, 68 ans plus tard, lui procure toujours autant de plaisir : « le fer est une matière fascinante à travailler, raconte-t-il. Il suffit de la chauffer pour qu’elle devienne incandescente et fasse apparaître des mondes imaginaires ».

Même si cette passion remonte à l’enfance, le vrai déclic ne se produit qu’à l’âge adulte. A 27 ans, Dominique Imbert décide de « tout plaquer » pour la vivre pleinement. Un changement de vie brutal et radical : il quitte paris pour le sud de la France et arrête sa carrière dans l’enseignement pour se consacrer à la sculpture. « L’atelier dans lequel je me suis installé avait bien triste mine, confie-t-il. Il n’y avait ni eau ni électricité et, surtout, pas de chauffage ». Un détail qui prend toute son importance puisque c’est en cherchant à s’équiper qu’il va avoir l’idée de mettre à profit son savoir-faire de sculpteur pour fabriquer une cheminée.

Un foyer actif

Après plusieurs mois de travail, Dominique Imbert donne naissance en 1967 à Antéfocus, la première cheminée d’une longue dynastie. Avec son foyer suspendu et orientable en acier, le modèle, conçu à l’origine pour son usage personnel, rencontre un succès immédiat et il le reproduit pour quelques personnes de son entourage. « Les voitures, les appareils électroménagers, le mobilier changeaient de formes mais pas les cheminées. Je ne comprenais pas pourquoi elles restaient figées et j’ai décidé d’y remédier » explique-t-il amusé. Une année plus tard, Dominique Imbert crée la société Focus (du latin « foyer ») et pousse encore plus loin son concept avec la Gyrofocus. Non seulement le foyer de la cheminée est suspendu mais en plus, grande nouveauté, il peut pivoter à 360°. Un design novateur qui lui vaudra d’ailleurs d’être exposée au musée d’Art Contemporain de Bordeaux en 1996 et au musée de Guggenheim à New-York en 1998. Plusieurs foyers seront conçus sur le même modèle : l’Ergofocus, le Bathyscafocus, l’Agorafocus, le Séculofocus, le Paxfocus… Malgré quelques différences esthétiques, tous ont pour vocation de jouer un rôle actif dans la vie de la maison : « le feu doit participer aux conversations en tant qu’invité de marque, il doit se dévoiler dans toute sa générosité et la musique qu’il diffuse doit pouvoir s’entendre de toute part ».

S’approcher du ciel

Autre cheminée devenue culte : la Filiofocus, conçue en 2001 à la demande de l’architecte Norman Foster pour le hall d’accueil d’une société internationale d’électronique basée à Londres. Plus que la forme, ce sont les dimensions qui rendent cette création exceptionnelle : un conduit de 13,80 mètres de haut et une hotte d’un diamètre de 1,20 mètre ! Une démesure qui plaît particulièrement à Dominique Imbert : « je voudrais parfois que mes foyers s’approchent du ciel voire s’y accrochent, que le feu se désenglue de la terre ». Depuis cette collaboration, le créateur multiplie les projets à l’étranger : au Japon, en Russie, en Israël, en Italie, en Australie, aux Etats-Unis…

Pour répondre à ces nombreuses commandes, Dominique Imbert s’est entouré d’une équipe d’une centaine de personnes réparties entre un atelier de fabrication situé à Cavaillon et un bureau d’études implanté dans le petit village de Viols-le-Fort, au pied des Cévennes. Grâce à ce renfort, le catalogue Focus s’est considérablement étoffé. En 2008, une soixantaine de modèles y sont présentés : les centraux, les muraux, les intégrés, les doubles faces, ceux à gaz, au bio-éthanol… Certains d’entre eux se rapprochent plus que d’autres du monde de la sculpture. Les « éclatés », par exemple, dont la flamme semble avoir déchiré la façade du foyer. Il faut dire que, parallèlement aux cheminées, Dominique Imbert continue de créer une gamme de meubles et d’objets contemporains. Le feu de la sculpture n’est apparemment pas prêt de s’éteindre en lui.



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Commentaires

1
| 12 août 2009
  1. Par petit patrice |

    je suis intéressé en urgence par une offre sous forme de devis et d’installation.

    Pour la cheminée philicocos mais la distance ne sera que de quatre m’tres.

    devis pour demain avant midi

    Patrice