Interview du 1er projet finaliste du tremplin Jeunes Talents organisé par Du Côté De Chez Vous

En septembre dernier, nous vous présentions la troisième édition du tremplin Jeunes Talents organisée par Du Côté de chez Vous, pour lequel nous sommes partenaires. La thématique était: « Bienvenu.e.s », il s’agissait de (ré)inventer l’habitat de demain, afin de rendre notre logis plus chaleureux, se l’approprier, repenser par la création les notions de confort et d’accueil…

 

 

En décembre, nous vous révélions les 3 projets finalistes: Territoires Communs, Soclo et Marquise. Depuis, les finalistes ont bénéficié des conseils des coachs Du Côté de Chez Vous afin d’obtenir le prototype le plus abouti possible. Nous avons voulu en savoir plus sur leur projet et leur réflexion, nous les avons donc interviewés. Aujourd’hui, ainsi que les deux vendredis qui suivent, nous vous proposerons de découvrir une interview ! Commençons par Joris et Lucie, créateurs du projet Territoires Communs.

 

1er projet finaliste : Territoires Communs, mobilier de salon modulable pour réunir les humains et les chats

Joris Bonnesoeur et Lucie Guinebault sont partis du constat que le chat, animal de compagnie préféré des foyers français avait certes du mobilier qui lui était exclusivement adressé (exemple: arbre à chat) mais qu’il n’y avait pas de mobilier de salon propice à l’échange et au partage entre les maîtres et occupants d’un habitat et leurs chats. Donc plutôt que d’ajouter un meuble dédié à l’animal (souvent très moche) à son intérieur, le concept propose des moments d’interaction chat-humain et se compose d’une table basse et de coussins. Ces derniers sont modulables et permettent une multitude de configurations. Mais ce n’est pas tout, le duo est allé plus loin dans sa recherche, chaque pied de la table est monté sur un axe de rotation le rendant mobile et actionnable par le félin aussi bien que l’Homme. Un jeu de cache-cache peut ainsi démarrer à tout moment entre le maître et son chat. Enfin, les coussins qui, par leur forme peuvent s’emboiter, offrent des moments de relaxation et de câlins entre l’homme et l’animal. L’enjeu des prochaines semaines pour Joris et Lucie va être sur le choix des matériaux afin qu’ils soient résistants (griffes, poils…) mais à la fois agréables.


Comment avez-vous connu le Tremplin Jeunes Talents ? Et pourquoi avoir candidaté ?

Nous suivons régulièrement les actualités du design sur internet, c’est comme ça que l’on a découvert ce concours depuis ses débuts.
Le thème « Bienvenue » nous a tout de suite interpelé. Il parle d’empathie, de moments ensemble, de concevoir avec amour et c’est comme ça que l’on conçoit le design. De plus, il prenait en compte les animaux …

Comment est née votre collaboration ? 

D’abord, nous sommes en couple et vivons avec deux chats.
Lucie a un parcours de designer d’accessoires et Joris de designer industriel.
Nous partageons souvent des réflexions et des conversations autour de choses que l’on voit, dans la création ou ailleurs mais nous n’avions jusqu’à présent jamais mené un projet de design ensemble.
Ce fut l’occasion d’essayer, d’autant plus que nous sommes intéressés par l’idée de créer un studio de design ensemble.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Au moment d’accueillir nos chats dans l’appartement, nous avons été très déçus des objets qui leur sont destinés, ainsi qu’aux animaux « de compagnie » plus généralement. Tous ces produits à l’esthétique marquée et peu durables font bien sentir que le bien-être des chats et des humains n’est pas vraiment compris. Notre vision d’horreur, c’est l’arbre à chat qu’on retrouve à la poubelle, presque aussi souvent que les malheureux sapins en lendemain de décembre.
Nous avons d’ailleurs bricolé nous-mêmes tous les éléments de jeu et de confort destinés à nos chats et les avons adaptés à notre espace, à nos meubles.
Nous nous sommes un peu investis d’une responsabilité : donner aux usagers (à 2 et 4 pattes) des objets désirables, qui participent à la beauté de l’intérieur et qui répondent au besoin de moments de qualité ensemble. Depuis quelques jours, on teste le prototype de la table et des tabourets chez nous, on réalise que les chats aiment beaucoup passer du temps dans le pied central qu’on soit autour de la table ou non.

Comment s’est passé le suivi / coaching des experts du design et de la fabrication ? ainsi que la phase du prototypage ?

Notre projet de mobilier est un peu particulier, nous avons d’abord eu beaucoup d’incertitudes quant aux matériaux et procédés pour le réaliser. La présence d’un coaching est vraiment appréciable et rassurant, en ce sens qu’il nous permet d’inscrire notre projet dans le réel en discutant et cherchant des solutions techniques.
Nous avons donc pu réorienté certains éléments du projet, notamment les poufs qui sont devenus des tabourets. La designer Bina Baitel nous a également incités à réfléchir sur la forme de la table, ce qui nous a aidés à aboutir le design.

Nous avons affiné parallèlement notre modèle 3D en fabricant plusieurs maquettes en carton et en bois avec la participation toujours volontaire de nos deux chats .
Nous tenions à réaliser le prototype complet avec un menuisier que nous connaissons, Julian Mary de la Société Marnaise d’Epernay. Son savoir-faire nous a aidés à améliorer la reproductibilité de la table et des tabourets. Travailler avec lui a été un vrai plaisir, ses idées ont nourri les nôtres et nous le remercions encore une fois.
Dans la logique d’open design du concours, nous avons choisi d’établir deux approches pour réaliser notre mobilier : une version très qualitative avec du chêne massif et des compétences de menuiserie en mobilier et une version plus économique et plus simple à réaliser en fablab et avec l’emploi de machines CNC.

Comme vous avez pu le voir, nous avons troqué nos poufs de départ contre des tabourets.
Nous avions des doutes sur l’ergonomie des poufs et sur les matières à utiliser dans notre design initial. On a quand même voulu essayer : après une journée de découpe de mousse au couteau à pain (merci Youtube) et une discussion avec Sidonie Lelièvre, tapissière professionnelle, nous avons compris qu’il fallait revoir cette partie du projet.
On a finalement trouvé plus intéressant de travailler la notion de hauteur.
Les tabourets de différentes hauteurs servent d’escaliers aux chats qui aiment se mettre à notre niveau et les humains en profitent en tant qu’assise mais aussi en mobilier d’appoint.
Nous avons profité du design de la table pour réutiliser certaines pièces : les assises des tabourets sont dessinées en cohérence du plateau de table et les pieds de table son réutilisés pour faire ceux des tabourets. Cet heureux virage dans le projet nous a permis de nous tenir à notre volonté initiale de concevoir des objets durables, sans matière de synthèse.

Que pensez-vous de l’open design ?

Aujourd’hui, beaucoup de créations encore à l’état d’idée se retrouvent sur internet.
À partir du moment où la propriété intellectuelle est respectée, où les créateurs sont cités et que la valeur de leur travail est comprise des personnes souhaitant – s’approprier – l’idée, nous pensons que l’open design est plein de potentiel pour fédérer des communautés autour du « faire soi-même » qui porte beaucoup de sens aujourd’hui selon nous. Le partage de modèles d’objets (en 3D, plans, idées) peut donner envie d’apprendre à fabriquer de ses mains et donner confiance si l’on est pas particulièrement bricoleur.

Et enfin, comment imaginez-vous l’habitat de demain ?

L’habitat c’est très personnel, que ce soit pour le mode de vie ou le style qu’on y projette.
Pour nous, il est important que chacun choisisse avec intérêt les objets, les meubles qui l’accompagneront dans sa vie. Des objets qu’on affectionne, des matériaux durables, ça fait plus d’histoires à raconter et de choses à transmettre.
Nous imaginons l’habitat de demain comme un meilleur support de moments conviviaux, avec un usage raisonné du digital. Nous pensons aussi qu’un léger regard vers le passé va s’opérer, pour en tirer du sens, de la simplicité.

La vie en appartement et le télétravail font aussi repenser l’usage des espaces. Les moments de vie ne se cantonnent pas au label qu’on donne à une pièce. Au Japon, on conçoit aisément transformer un salon en chambre. Nous pensons que si certaines pièces n’ont aucune étiquette, les personnes qui les habitent peuvent mieux exprimer leur créativité, leur univers. On aime beaucoup ce côté ludique et la liberté de réagencement qui y est possible, comme faire une nouvelle cabane quand on est enfant, un territoire d’imaginaire re-dessinable.


Restez connectés, vendredi prochain nous mettrons en lumière le second projet finaliste, à travers la même série de questions.

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