Projet MA’AN, améliorer la vie dans les camps de réfugiés en Syrie par Adèle Jamaux

Adèle Jamaux, étudiante en design à Strate, École de Design à Paris, nous présente son projet de fin d’études ayant comme objectif l’amélioration de la vie dans les camps de réfugiés en Syrie.

Ce projet est en attente de réalisation, de financement et d’intérêt de la part d’organisations humanitaires internationales, afin de travailler ensemble ces problématiques post-urgences. Adèle nous en dit plus sur sa réflexion et le projet qui en découle.

« Le projet MA’AN (qui signifie point d’eau en arabe) s’implante sur des points d’eau présents dans des camps de réfugiés. MA’AN est un programme humanitaire sur mesure, c’est-à-dire qu’il se module et évolue en fonction du lieu dans lequel il s’implante, et permet de faire la transition entre le camp et la vie urbaine.

MA’AN prend l’aspect d’une place publique circulaire qui va permettre de créer des circulations naturelles qui vont progressivement réorganiser le plan du camp, de manière concentrique. Cette structure publique ouverte sur l’environnement du camp permet différentes fonctions telles que: un lieu ombragé pour se protéger du soleil, un lieu pour se protéger de la pluie et se rencontrer, un mobilier urbain pour discuter, débattre, et la végétalisation du centre de l’espace collectif afin d’apporter fraîcheur et agrément.

La place devient un repère citadin tel un phare. La vie collective et privée se réorganise, le lieu vit par l’appropriation de ses habitants. Toute la structure est réalisée en auto-construction supervisée. Cette auto-construction est possible par un apprentissage de savoir : la création de BTC (Bloc de terre comprimée). Le BTC que MA’AN se propose d’utiliser est en réalité de la BTCS c’est-à-dire de la brique de terre comprimée stabilisée avec 4% de ciment. Ajouter 4% de ciment à une brique de terre traditionnelle permet d’avoir les mêmes propriétés techniques qu’une brique de terre
cuite, sans être cuite. Cela offre un gain de temps, de moyens, mais aussi permet de ne pas consommer d’électricité ou de construire des fours (pour lesquels il faudra se fournir du combustible). Il faut simplement de la terre, du ciment, une presse et un peu d’eau. La terre et le ciment ne doivent pas être mélangés directement à l’eau, ce qui réduit considérablement la consommation d’eau lors de la production. Par une cure humide, le ciment va pouvoir « prendre » et agir chimiquement avec la terre. La cure humide dure environ 10 jours pour un séchage d’environ 2 semaines. Avec 26 BTCS au m2, on peut estimer la construction d’une maison d’environ 40 m2 à 1 mois sans intégrer au calcul la cure humide et le séchage.

Comme les habitants sont directement intégrés à la construction, ils vont acquérir les techniques de construction du BTC, qu’ils pourront réutiliser pour construire leur habitat privé qui actuellement est fait de toile. Il y a donc un intérêt commun à cette structure mais également personnel à travers cette reconstruction sociale et matérielle.

La gestion de l’eau dans l’architecture a été réfléchie afin de la préserver le plus possible. Il y a un principe de récupération des eaux pluviales par le toit végétalisé. Cette eau récupérée et naturellement filtrée par le substrat, peut-être directement consommée par des robinets situés aux pourtours de la structure. L’eau non consommée sera déversée dans les jardins afin de les entretenir et pour que l’eau en trop se réinfiltre dans le sol et alimente à nouveau la nappe phréatique où sera prélevée l’eau du puits. Grâce à ce procédé d’écoulement, il est possible de produire de l’énergie. Ainsi, il sera possible d’éclairer la structure la nuit par LED pendant quelques heures, afin qu’elle continue à agir comme un phare dans le camp, un repère, un lieu de refuge et de rencontre, un lieu qui rassure et qui vit. »

Si vous souhaitez plus d’informations ou contacter Adèle Jamaux:
a.jamaux@strate.design / 06 70 83 21 36


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