Entretien avec Dorothée Boissier du cabinet d’architecture Gilles & Boissier.

Comment définiriez-vous votre rôle d’architecte d’intérieur ?

Dorothée Boissier : Nous n’avons pas une approche de designer, nous envisageons un projet comme un tout. Notre rôle est de réaliser une sorte de film avec ses décors, ses acteurs, sa lumière, sa musique; un scénario qui fait appel aux sens de l’homme qui vit dans cette enveloppe.

En ce qui concerne les objets que nous créons, nous avons une approche artisanale, le mobilier est unique et pour se faire nous travaillons en collaboration avec divers artisans qui nous apportent leur savoir faire par rapport aux différents matériaux envisagés.

Quelle est votre conception de l’espace : prenez en compte l’histoire du lieu, son environnement plus ou moins proche, ou êtes vous en rupture ?

Dorothée Boissier :
Quand nous nous attaquons à un projet il y a une filiaton naturelle et un respect avec le pays et l’histoire du lieu, si celle-ci existe. Mais le lieu est toujours lié à l’homme qui va le traverser, y passer un instant ou y vivre. Se travail sur l’humain comporte deux facteurs essentiels : une prise en compte des sens qui sera une approche plus universelle et la considération des codes culturels qui entourent celui-ci. Cette dernière démarche nous demande un travail de recherche livresque conséquent dans différents domaines mais aussi nous nous enrichissons d’autres médias et en particulier pour Gilles c’est le cinéma avec des couleurs, des ambiances qui l’inspire. C’est donc l’homme qui est au centre de nos préoccupations et qui donne sa scénographie au lieu.

Quels sont les critères qui vous poussent vers la réalisation d’un projet ?

Dorothée Boissier :
Tout d’abord, il faut qu’une belle entente avec le commanditaire s’installe, car la réalisation est sur une durée relativement longue, dans les deux ans. Alors nous envisageons chaque projet comme une renaissance, où il faut réinventer une nouvelle histoire qui doit nous interpeler. Nous aimons les projets qui nous permettent une grande liberté à la fois dans le temps et dans le style. Le restaurant La Villa à Paris synthétise à lui seul beaucoup de choses et en particulier ce grand écart dans le temps ainsi que des fractures dans le style. Trois pièces se succèdent : un salon très masculin avec des boiseries en chène brossé et un mobillier noir et blanc, une pièce féminine avec une tonalité chromatique verte et rose, pour finir par un espace entièrement blanc d’une hauteur de près de huit mètres avec des colonnes, quelques plantes, et une banquette aux arrondis années 20.

Une fois le projet sélectionné, comment travaillez-vous en binôme ?

Dorothée Boissier :
On se raconte une histoire par rapport aux personnes qui vont être dans cet espace, je verbalise et Patrick Gilles déssine car son univers et très lié à la bande dessinée et au cinéma. Cette passion commune nous permet de construire un projet en commun et de créer un sorte de story-board qui va guider la réalisation, pour transmettre notre vision à notre équipe qui compte dix membres.

Qu’elles sont vos influences ?

Dorothée Boissier :
Elles sont multiples en ce qui me concerne, elles sont plutôt littéraire, philosophique et psychanalitique avec un retour constant sur Friedrich Nietzsche et pour Patrick ce sont des films comme La nuit du chasseur ou David Lynch qui nourrissent son imaginaire, ainsi que des architectes incontournables tel que Carlos Scarpa ou Le Corbusier.

Voir le site du cabinet d’architecture Gilles & Boissier

Voir aussi : Restaurant  » la Villa  » par Gilles & Boissier


Laisser un commentaire

Commentaires

4
| 13 mars 2010
  1. Par luna |

    bonjour ,
    pour MS ET ME GILLES & BOISSIER
    depuis que j’ai vu se que vous réalisez , je rêve de vous contacter pour que ,vous transformez mon restaurant , je suis sûr que les clients ne me dirons plus (s’est bon !!! mais !!!tu n’es pas a la mode !… ) je fais se que je peux , malheureusement ils faut des client pour avoir de l’argent et pouvoir être a la mode ,,,,,,,,, s’est un rêve

  2. Par Hudson |

    c’est affreux, affreux, affreux …

  3. Par Skouaitch |

    c’est bien les chemises noires… c’est où qu’ont les achètent ?

  4. Par Emma Palmer |

    J’adore !!! À la fois contemporain et intemporel, classique et visionnaire !!!