Pour OpenART – la plus grande biennale d’art dans l’espace public scandinave – ouverte durant 4 mois en été dans la ville d’Örebro en Suède, l’artiste Baptiste Debombourg a réalisé un projet qui puise son inspiration dans la crise pandémique de la Covid-19.

Le but recherché par cette sculpture est d’interroger la perception de l’espace intérieur de chacun et la sensation de chez-soi pour la transformer en une expérience visuelle cinétique.

L’œuvre « Amplifier » déconstruit la perception des éléments, dans le but d’amener l’esprit du visiteur à faire jaillir les différentes strates cachées de la réalité.

La caravane – pour beaucoup, symbole de liberté – est ici découpée en tranches et part en lambeaux. Le voyage est terminé, finie l’aventure ou le projet d’une nouvelle vie ! Terminés les rêves…

L’artiste Baptiste Debombourg illustre et dénonce comment les dirigeants politiques du monde ont mis fin à la liberté et à la mobilité des personnes durant la pandémie. En s’inspirant de modèles forts du monde de l’art et/ou de la musique, il fait de la destruction un geste artistique. Dans cet élan destructeur, il suggère à l’observateur aguerri un sentiment d’espoir selon lequel quelque chose de nouveau peut germer.

L’œuvre oscille entre destruction et transformation, matérialisant un désir croissant et irrésistible de liberté et d’indépendance, des valeurs qui fondent l’expression artistique de Baptiste Debombourg.

Dans son travail essentiellement sculptural, Baptiste Debombourg croise les informations et les matériaux pour des expériences qui révèlent des histoires refoulées, non dites ou ignorées.

Artiste volontiers « réparateur », il cicatrise les murs, les meubles, les objets tout en dévoilant des stigmates. Son travail s’impose en premier lieu par une monumentalité, mais qui s’avère paradoxale, précaire et fragile. Un monument comme en convalescence, qui rendrait hommage à la destruction, à la réparation incomplète, voire à la résilience plus qu’à la puissance.

Ce jeu de recomposition mobilière, au-delà de son aspect ironique, est nourri d’une réflexion sur le temps, l’histoire, la mémoire et le rêve.

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