En l’honneur du centième anniversaire de la naissance de César (1921-1998), Almine Rech a le plaisir de présenter un ensemble d’œuvres au Musée Picasso à Paris et dans l’atelier de Picasso à Boisgeloup, en collaboration avec la Fondation César.

Cette exposition, qui est visible jusqu’au 24 Octobre 2021, témoigne de l’admiration que César portait à Picasso en général, et à sa sculpture en particulier.

Dans l’ouvrage qui accompagne la rétrospective scientifique qui lui fut consacrée au Centre Pompidou en 2017/2018, Bernard Blistène évoque combien César était admiratif, chez Picasso, de « sa technique, ses métamorphoses, son sens aigu et épiphanique du bricolage, son « instinct du matériau ».

La double présentation intimiste du musée Picasso et de Boisgeloup tisse des liens entre les artistes.

César connut les ateliers de Picasso à Mougins, Vauvenargues ou celui à Cannes dit de « La Californie », comme le montrent les photos de David Douglas Duncan de 1957, mais il ne connut jamais Boisgeloup. À Boisgeloup, sur l’esplanade de la gentilhommière dont Picasso fit l’acquisition en 1930 et où il se consacra essentiellement à la sculpture (il y réalisa ses premières « sculptures assemblages ») est présenté un Pouce en bronze doré, haut de 3,50m.

Tandis que la bâtisse lui tient lieu d’arrière plan, ce pouce levé semble mesurer le paysage, comme le faisaient les peintres pour appréhender les proportions d’un sujet dans l’exercice du dessin académique. Il nous rappelle que César, qui suivit dès l’âge de quatorze ans des cours du soir de dessin à l’Ecole des beaux-arts de Marseille en 1935, étudia inlassablement le dessin, le modelage et la sculpture sans relâche (il fut premier prix de dessin, de gravure et d’architecture) — d’après modèle vivant à partir de 1940.

« L’élève doit apprendre l’anatomie, la terre, le modèle. Ce sont des exercices, mais ils permettent de se sortir de n’importe quelle situation. »

Dans l’atelier situé dans les anciennes écuries, où Picasso pratiquait la taille directe, le plâtre et le fer soudé, et où subsiste le célèbre escabeau photographié par Brassaï, est présenté un ensemble de sculptures en plâtre et en fers soudés, écho de la découverte que fit César en s’installant à Paris en 1943 des assemblages hétérogènes de Picasso.

Le fauteuil en corne qui le suivit dans tous ses ateliers successifs semble suggérer que César s’est provisoirement installé dans l’atelier de Picasso — mais respecte la mémoire de son historique propriétaire, tout d’abord en présentant divers portraits de Picasso par César en plâtre et en bronze soudé.

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